La semaine dernière, l’euro progressait et le billet vert se repliait. Cette semaine, les tendances sont un peu plus floues, eu égard à l’attente des marchés du discours de Trump puis de son investiture. Le 45e président US semble ainsi jouer un rôle important sur le marché des changes – alors même qu’il n’a pas pris ses fonctions –et ce, depuis son élection qui avait vu l’or chuter et le dollar s’envoler, atteignant un plus haut depuis 14 ans. Voici notre revue de presse sur les devises de la semaine.

L’euro avance face au dollar Ce lundi 9 janvier, l’euro a progressé face à la devise US : « Vers 19H00 GMT (20H00 à Paris), l'euro valait 1,0568 dollar, contre 1,0531 dollar vendredi soir », rapporte Zonebourse. Des ajustements techniques seraient en cause selon l’article. « "Le marché a entamé 2017 avec de nombreux paris sur une hausse du dollar", a rappelé Vassili Serebriakov, expliquant qu'une petite partie de ces prises de positions étaient liquidées et que cela faisait un peu baisser le billet vert. » Autre raison aussi évoquée, la livre qui chute suite aux déclaration de Theresa May, chef du gouvernement, concernant les négociations sur le Brexit et qui donne confiance en l’euro : « "Le contexte de prudence sur les marchés mondiaux offre un peu de soutien aux monnaies de réserve avec le yen, le franc suisse et l'euro se reprenant", a indiqué Eric Viloria de Wells Fargo dans une note. »

Mardi, L’Express relevait que les devises variaient peu dans l’attente du discours de Trump. L’euro était neutre « contre sa contrepartie américaine (…) sans plus d'orientation face au yen et au franc suisse ». Les marchés semblent figés, les yeux rivés sur le 45e président des Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, rien de plus normal que les prises de risque soient limitées.

Le dollar remonte Malgré les chiffres sur l’emploi moins élevés que prévus, le dollar reprend un peu de sa superbe en ce début de semaine comme le rapporte cet article de l’Agefi : « Publiés vendredi, les chiffres de l'emploi aux États-Unis, s'ils ont fait état d'embauches moindres que prévu et d'une hausse du taux de chômage en décembre, l'évolution des salaires s'est révélée meilleure qu'attendu. De plus, si les embauches de décembre ont déçu, celles de novembre ont été révisées en hausse». Cela pourrait ainsi avoir un effet de soutien voire de catalyseur pour le billet vert. D’ailleurs, ce lundi, « le dollar aussi se stabilisait face à la devise japonaise à 117,04 yens contre 117,03 yens vendredi ».

Ce mercredi, même constat : « Un dollar stable en vue de la conférence de presse de Trump » titrait Investing.com. « Le dollar est stable contre un panier d’autres devises ce mercredi, tandis que les investisseurs attendent la conférence de presse du président-élu américain Donald Trump prévue plus tard dans la journée. L'indice U.S. dollar, qui mesure la force du billet vert contre un panier d'autres devises, change peu à 102,02. L’indice s’est retiré après avoir touché 103,82 la semaine dernière, son plus haut niveau depuis 2002». Pas de baisse notable donc malgré le léger flottement qui gagne les marchés.

Le marché des changes agité par Trump

Il n’en demeure pas moins que si la stabilité est apparente, le marché des changes peut voler presque d’un moment à l’autre. Les Échos revient justement sur l’effet Trump de par le monde sur le marché des changes. En quelques tweets, le président, qui arrivera à la Maison Blanche le 20 janvier, donne le « la ». Ainsi, en 6 ans, « 34 tweets de Donald Trump contenaient le mot "devise" » : « Le marché des changes commence lui aussi à frémir des messages sur Twitter (« tweets ») délivrés par Donald Trump. En effet, pas plus tard que le 5 janvier, le jour même où la banque centrale du Mexique intervenait pour vendre plusieurs milliards de dollars afin de soutenir le peso, Donald Trump mettait la pression sur le groupe Toyota pour qu'il renonce à construire une usine au Mexique et privilégie les Etats-Unis». Tout le monde se souvient aussi des accusations de Trump à l’encontre de la Chine, soupçonnée de manipuler sa monnaie. Et c’est sans compter les propos ouvertement tenus à l’encontre de la FED depuis 2011 concernant sa politique monétaire qui « est souvent qualifiée d’"irréfléchie" et "dangereuse". Du fait de sa politique d'assouplissement quantitatif, il lui était reproché de créer de l'inflation, "détruire le dollar", en suscitant "une liquidité artificielle" ».

La Tribune, elle, parle carrément de« guerre des devises en 140 signes » menée par Trump. Pour le journal, dans son article en date du 10 janvier, le président américain est capable de faire bouger le dollar par « quelques réflexions bien senties » sur le réseau social. D’ailleurs, il ne se contente pas d’influencer les marchés « virtuellement ». Fin des délocalisations notamment au Mexique, accusations de dévaluation de la monnaie chinoise afin de rester compétitive, pénalisations des pays manipulant leur monnaie… Trump a la langue bien pendue et semble prêt à tout pour mettre en œuvre ses idées : « De fait, si de tels projets étaient adoptés, la Réserve fédérale pourrait se voir imposer, outre le respect de critères comme celui de l'inflation et de l'emploi, d'autres comme le niveau des taux et celui de la masse monétaire, pour lesquels elle devrait justifier ses décisions devant les représentants. Ces deux derniers éléments influent en effet directement sur le niveau du dollar car une politique expansionniste fournit davantage de liquidités aux banques et aux marchés, favorisant l'appréciation des actifs financiers. »

Chine : les réserves de change devraient baisser en janvier

La semaine dernière on vous indiquait que les réserves de change chinoises avaient baissé en 2016, perdant « 320 milliards de dollars pour revenir à 3011 milliards, après une chute de 513 milliards de dollars en 2015 » nous rapporte Challenges le 8 janvier dernier : « Les interventions destinées à stabiliser le yuan constituent la principale explication de la chute des réserves en 2016, a dit l'Administration d'Etat des changes (SAFE) dans un communiqué. La dépréciation de devises autres que le dollar entrant dans la composition des réserves de change du fait de la hausse de la monnaie américaine a aussi contribué à la baisse des réserves, a-t-elle ajouté. "Les réserves de change devraient encore baisser en janvier", a dit SWS MU Fund Management dans une note qui prévoit que l'économie américaine et le dollar continueront de se renforcer cette année. »

Brexit : chute de la livre

Cette semaine, la livre perd sérieusement du terrain. Ainsi, Boursier.com titrait lundi 9 janvier, « Devises : le "Brexit dur" de Theresa May fait rechuter la livre sterling ». Maintenant que le Brexit a été voté, il est temps pour les Britanniques d’en décider la mise en place, notamment en choisissant des lignes directrices. Une affaire délicate semble-t-il : « Le gouvernement britannique a bien du mal à déterminer une ligne directrice claire en ce qui concerne les modalités du futur Brexit. La Première ministre Theresa May a semé le doute, dimanche, lors d'une interview télévisée sur 'Sky News', en donnant la priorité au contrôle de l'immigration au détriment du futur accès du Royaume-Uni au marché unique européen... » Et le doute n’est jamais bon pour les marchés ! « Après ces propos, la livre sterling a reculé lundi de 1,1% à 1,2156$, au plus bas depuis le mois d'octobre dernier. Face à l'euro, la livre a également chuté (-1,3%) à 1,1511 euro. (…) Les marchés financiers, qui espèrent au contraire une séparation négociée, accompagnée d'accords commerciaux préservant l'accès au marché unique, commencent à s'inquiéter d'une possible séparation plus brutale privant les entreprises britanniques de leur accès privilégié à l'UE.» Ainsi, c’est de pas moins de 18 % que la livre a reculé depuis le 23 juin dernier, date du vote en faveur du Brexit. Quoi qu’il en soit, le Royaume-Uni devra quitter la zone euro d’ici fin mars 2017. Néanmoins, la livre devrait remonter, du moins selon la banque Barclays dont les propos sont retransmis dans un article de ProfesseurForex.com ce mercredi 11 janvier : « Le GBP devrait profiter de la bonne tenue des statistiques UK, mais aussi et surtout du risque politique en Europe et aux USA, qui augmente comparativement l’attrait du GBP, devise pour laquelle le risque politique est déjà « digéré » suite au vote sur le Brexit. Aujourd’hui, le discours de confirmation de Donald Trump aux États-Unis pourrait bénéficier au GBP, en entrainant une baisse des positions acheteuses sur USD. De plus, il existe une tendance historique à la corrélation positive pour les taux US et UK, ce qui suggère que la marge de baisse de GBP/USD face à une éventuelle progression du différentiel de taux est limitée. »

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