C’est un renversement de situation que les marchés connaissent cette semaine.

Alors que le billet vert montait face aux autres devises ou du moins se maintenait, et ce malgré des chiffres de l’emploi pas aussi bons qu’attendus, cette semaine, le dollar baisse notamment suite à des déclarations de Trump. La livre, quant à elle, remonte suite aux propos de la Première ministre britannique au sujet du Brexit. Et l’euro lui aussi s’apprécie cette semaine. Voici notre revue de presse des devises de la semaine.

Hard Brexit : la livre bondit

Alors même que la semaine dernière la livre chutait, cette semaine, après une nouvelle baisse, la voilà qui s’apprécie. En cause ? Le Brexit, ou plutôt les déclarations de Theresa May, Première ministre de la Grande-Bretagne, qui a opté pour un « hard Brexit » tant redouté par l’Europe, comme le rapporte Le Figaro, ce mardi 17 janvier : « La devise britannique, tombée au plus bas depuis plus de 30 ans en début de semaine, est fortement remontée après le discours de Theresa May en faveur d’un Brexit «dur», qui met fin à plusieurs mois d’incertitude. (…) Le discours de Theresa May, très attendu après des mois de flou et d’incertitude, a fait bondir la livre Sterling à 86,33 pence pour un euro, contre 88,00 pence lundi soir, comme face au billet vert, à 1,2389 dollar pour une livre.» En effet, elle souhaite une rupture claire et nette mais surtout un partenariat équitable avec l’Europe, « pas un statut de membre partiel ou associé de l’UE, qui nous laisserait à moitié dedans ou à moitié dehors ».

Avec ces propos plutôt sans concession Les Échos titrait même « Theresa May réveille la livre sterling » : la livre a ainsi rebondi de 2,5 % face au dollar. Néanmoins, cet article rappelle que « la devise a toutefois perdu plus de 16% depuis le référendum et connu un flash-crash». Ceci étant dit, la Première ministre va toutefois négocier la sortie de la Grande-Bretagne plutôt finement pour ne pas que la livre s’effondre davantage : « Sortir du marché unique implique néanmoins à terme de quitter l'Union douanière et donc de perdre le bénéfice des tarifs attractifs pour commercer avec le reste de l'Europe. Le gouvernement va toutefois s'efforcer de négocier une appartenance partielle à l'Union douanière.» Réponse d’ici 15 à 18 mois.

L’euro monte au plus haut depuis le début de l’année

Il n’y a pas que la livre qui a connu un mieux cette semaine : la monnaie unique aussi ! Dans un article de L’Express du 16 janvier, on apprend donc que « l'euro s'apprécie par rapport à la devise britannique, à près de 0,880 livre sterling contre 0,874 livre vendredi soir, à la suite d'informations renforçant la perspective d'une sortie brutale du Royaume Uni de l'Union européenne ».

AWP/AFP relayé par le site Romandie titrait ainsi « L'euro monte au plus haut de 2017 face à un dollar plombé par Trump, la livre bondit » : la news évoque bien sûr les déclarations de Trump sur le dollar qui ont eu pour effet de faire chuter le billet vert… et de profiter à l’euro : « L'euro montait mardi au plus haut de l'année face au dollar après des déclarations de Donald Trump sur les effets néfastes de la force du billet vert, la livre sterling bondissant sur des développements liés au Brexit. Vers 22H00 GMT (23H00 HEC), l'euro valait 1,0712 dollar - après avoir atteint 1,0719 dollar, au plus haut depuis six semaines - contre 1,0602 dollar lundi soir. (…) "C'est le dollar qui s'affaiblit de façon générale aujourd'hui", a souligné Éric Viloria, de Wells Fargo. "Il n'y a pas eu beaucoup d'indicateurs (...) mais il y a eu des développements sur le plan politique avec des propos du futur président Donald Trump, qui a affiché sa préférence pour un dollar plus faible". » Des déclarations à modérer cependant puisque c’est surtout le taux de change du dollar avec la devise de l’empire du Milieu qui était insinué.

Un euro qui monte face à la monnaie US mais pas uniquement : le yen et donc la livre sont également concernés. Boursorama, le vendredi 13 janvier, rapporte alors que « l'euro montait très légèrement face au dollar et la livre sterling vendredi, et plus nettement contre la monnaie japonaise, les opérateurs constatant qu'un débat sur la politique monétaire accommodante de la BCE existe au sein de l'institution monétaire ». Une remonté légère face au billet vert, mais plutôt marquée face au yen donc.

Un dollar en berne

Ce même article de Boursorama mentionne la baisse du billet vert mais aussi les raisons de celle-ci : la parution de chiffres américains moins bons que prévus. « Aux États-Unis, les ventes de détail ont progressé de 0,6% en décembre, décevant les analystes qui s'attendaient à une hausse de 0,7%. Les prix à la production ont augmenté en décembre de 0,3% comme s'y attendaient les analystes. Ces statistiques ont empêché le dollar de se reprendre après les baisses des jours précédents, selon des sources de marché. "Le chiffre des ventes au détail a poussé le dollar à la baisse", essentiellement car "la Réserve fédérale est très sensible aux statistiques économiques. Toute faiblesse de ces statistiques va rendre la tâche difficile au dollar" et "fournir des munitions" à ceux qui spéculent sur sa baisse, a commenté Naeem Aslam, chef-analyste du courtier Think Markets à Londres. »

Mais les déclarations de Trump ont également eu un effet sur la devise américaine. Bien qu’elle était plutôt stable avant la conférence de presse du 45e président des États-Unis mercredi dernier, mardi 17 janvier la situation était tout autre pour Boursier.com : « La séance de mardi fera date dans la mémoire des cambistes, qui ont assisté à une nette baisse du dollar (…) à la suite de déclarations politiques de Donald Trump s'inquiétant d'un dollar fort. (…) Mardi en fin de soirée, le dollar cédait environ 1% face à l'euro, qui est remonté à plus de 1,07$. » Selon Trump, le dollar est trop haut… à cause de la monnaie chinoise dont la faiblesse est le résultat d’une manipulation par Pékin : « Aux États-Unis, Donald Trump a fait trébucher le dollar, en déclarant dans un entretien avec le 'Wall Street Journal' que le cours du billet vert était actuellement trop élevé. Le président élu, qui doit être officiellement investi vendredi, a notamment attribué la vigueur du dollar à la trop grande faiblesse du yuan chinois orchestrée par Pékin... » Impossible selon lui de soutenir une quelconque concurrence avec une monnaie aussi forte. Une hausse qui suscite aussi l’inquiétude des acolytes du nouveau président : « Un haut conseiller de Donald Trump s'est lui aussi inquiété du dollar fort, mardi, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Anthony Scaramucci, qui a été désigné conseiller à la Maison blanche, a estimé que le président élu aura plus de mal à tenir sa promesse de revitaliser l'économie américaine si la situation de dollar fort persiste. » Un signal plutôt peu rassurant pour les marchés…

Quelle place pour le dollar dans l’Amérique de Trump ?

C’est la question que se pose Sputnik cette semaine dans une émission de radio suite à la politique que souhaite mener Trump pour relancer l’économie américaine : « La Réserve fédérale américaine pourrait relever les taux d'intérêt en 2017, ce qui pourrait déclencher une augmentation de la valeur du dollar. Jean-Jacques Rosa rappelle que « la valeur du dollar ne dépend pas uniquement de la FED, elle dépend aussi de la politique de la banque centrale européenne, de la politique chinoise. » L’économiste rappelle également qu’il n’est pas possible de prévoir quelle direction une devise va prendre…

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