Mercredi, le dollar se reprend

Le dollar qui s’était affaibli ces derniers temps, reprend du poil de la bête comme l’indique cet article des Échos du 1er février « Le dollar se reprendre après la salve de Trump et de Navarro ». Il fait allusion aux déclarations du 45e président des États-Unis, fraîchement installé à la Maison Blanche, au sujet des devises étrangères qui avaient projeté le dollar a son plus bas depuis 7 semaines : « L'indice du dollar contre un panier des principales autres grandes devises progresse de 0,17% à 99,681 en matinée après avoir perdu jusqu'à près de 1% et être tombé à un plus bas depuis le 8 décembre. (…) Le dollar se reprend sur des achats à bon compte mercredi après sa chute à un plus bas de sept semaines provoquée par le tir de barrage du président américain Donald Trump et de son principal conseiller au commerce international, accusant Chine, Allemagne et Japon, les trois principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, de dévaluer leur monnaie pour le plus grand préjudice des entreprises et des consommateurs américains. » Peter Navarro, le conseiller pour le Commerce de Trump, avait ainsi déclaré au Financial Times que l’euro était un « deutsche mark virtuel ». Puis Trump d’accuser la Chine et le Japon « et la valorisation de leur monnaie à l'issue d'une réunion avec des dirigeants d'entreprises pharmaceutiques à la Maison blanche a priori consacrée aux prix des médicaments».

Mais alors, quelles sont les perspectives pour le dollar s’interroge
Forbes ce mardi 31 janvier. Le dollar ne peut que monter, peut-on lire en guise d’introduction : « La hausse enregistrée depuis l’élection de Trump conforte les investisseurs « haussiers » sur le Dollar. » Pourtant, plusieurs facteurs pourraient jouer sur le billet vert et faire pression. Face à des devises sous-évaluées, Trump pourrait passer à l’action, sans compter les très grandes entreprises qui pourraient souffrir d’un dollar trop fort et ainsi « faire entendre leurs voix ». Et puis il y a la politique de grands travaux de Trump qui risque de faire enfler la dette à vue d’œil, et ça, ce n’est pas bon pour le dollar. Enfin, « la Balance Commerciale américaine est déficitaire de 65Mds de $ par mois : dans tous les cours d’économie, la seule solution rapide pour résorber des déficits de ce type réside dans une baisse de la devise ». Que de facteurs baissiers pour le billet vert…

Le yen visé par Trump
Mercredi 1erfévrier, c’est
Boursorama qui nous parle des commentaires de Trump qui, après avoir critiqué la devise chinoise, s’est tourné du côté du pays du Soleil levant. En effet, il accuse « le Japon de dévaluer sa devise pour rendre ses exportations plus compétitives (…) "Regardez ce que fait la Chine et ce qu'a fait le Japon au fil des ans, ils ont joué sur les devises et la dévaluation pendant que nous restions assis là, comme une bande de pantins", a-t-il lancé. ». Bien sûr, le Premier ministre japonais Shinzo Abe s’en est défendu. Le secrétaire général du gouvernement Yoshihide Suga a expliqué que « le Japon n'était pas intervenu sur les marchés des changes depuis plusieurs années (fin 2011 exactement, année du tsunami et désastre nucléaire). La politique monétaire ultra-accommodante de la Banque du Japon (BoJ) tend certes à affaiblir le yen face au dollar, mais "la banque centrale n'a pas pour objectif de dévaluer le yen" ».

D’ailleurs, le yen était en légère hausse ce mardi 31 janvier. « Le yen en légère hausse, l'inflation devrait continuer à progresser vers l'objectif de 2% » titrait
LeFigaro : « Comme prévu, la Banque du Japon (BoJ) a maintenu sa politique monétaire inchangée lors de sa réunion d'aujourd'hui. En dépit de ce statu quo sans surprise, le yen tend à s'apprécier face au dollar, gagnant 0,3% à 0,0088 dollar. »


Baisse de l’usage yuan dans le monde
C’est toujours
Le Figaro qui relayait une news AFP au sujet de l’usage du yuan dans le monde. Ainsi on apprend que son usage a baissé dans les paiements internationaux en décembre 2016, « plombé par une dépréciation persistante et les stricts contrôles de capitaux imposés par Pékin: un revers pour la Chine, qui désirait accélérer l'internationalisation de sa monnaie ». Ainsi, le renminbi a été utilisé dans 1,68 % des paiements transfrontaliers dans le monde contre 2% en novembre. À titre comparatif, il était utilisé à 2,31 % en décembre 2015. « La "monnaie du peuple" retrouve donc le sixième rang des devises les plus utilisées, derrière le dollar canadien (1,93%) et loin derrière le dollar américain (42%). (…) le yuan a vu son étoile pâlir en 2016: l'essoufflement de la croissance de la deuxième économie mondiale --au plus bas depuis 26 ans-- va de pair avec une dégringolade du cours du renminbi à son plus faible niveau depuis huit ans face au dollar. »

La Voix du Nord revient elle aussi sur ces chiffres de la devise chinoise. L’empire du Milieu a beau encadrer sa monnaie, elle subit les pressions du marché.Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics, explique que « le yuan restera sous pression et des contrôles de capitaux encore plus sévères sont à prévoir » et ne pense pas « qu'on verra un quelconque progrès sur les deux prochaines années. L'internationalisation du yuan est toujours sur pause ».


Les dévaluations du yuan ont fait chuté les marchés de 10 %
Jim Rickards sur
La Bourse au Quotidien rappelle qu’une éventuelle dévaluation du yuan pourrait faire chuter les marchés. Ainsi, « les dernières dévaluations du yuan ont fait chuter les marchés de 10% » et ce à deux reprises sur ces 18 derniers mois : « Rappelez-vous : la première fois, c’était en août 2015. La seconde, en janvier/février 2016. A chaque fois, c’est la conjonction du renforcement du dollar et de l’affaiblissement du yuan qui l’a provoquée. Cela pourrait se produire à nouveau. »

Un euro « yoyo »
Lundi 30 janvier, l’euro ne progresse pas, comme l’explique Romandie. Il reste stable face à la devise américaine face à un marché « sans grand élan » : « Vers 17H00 GMT (18H00 HEC), l'euro valait 1,0690 dollar, contre 1,0693 dollar vendredi vers 22H00 GMT. » Il baisse aussi d’ailleurs face au yuan.

Mardi en revanche, l’euro grimpait face au dollar. Boursorama titrait « Devises: l'euro tient les 1,07 dollar à la veille de la Fed » : « L'euro se montrait ainsi neutre face à la devise américaine (+ 0,05% à 1,0705 dollar), au yen (+ 0,06% à 121,79) ». Ainsi « les dernières décisions politiques de Donald Trump, qui ont affecté les marchés boursiers, semblent laisser les changes de côté. La paire euro/dollar, qui a à peine varié hier, ne se montre pas plus décidée ce midi ». Les devises étaient en effet en attente des décisions de la FED suite à sa réunion qui devait se tenir mardi 31 janvier et mercredi 1er février. Mais on aurait pu attendre une meilleure progression de la monnaie unique, suite aux chiffres publiés ce lundi matin : « Les statistiques de la matinée ne semblent pas remporter plus d'écho. On a appris ce matin qu'au quatrième trimestre 2016, le PIB avait augmenté de 0,5% dans la zone euro, taux légèrement supérieur à celui du 3e trimestre et au consensus, qui tous deux tablaient sur 0,4%. Toujours dans la zone euro, l'inflation annuelle a accéléré à 1,8% ce mois-ci en estimation rapide, contre un consensus de 1,5%, mais le taux de chômage a reculé de 0,1 point à 9,6% en décembre 2016, un plus bas depuis mai 2009. »

Mardi également,
Boursorama relaie une news de l’AFP expliquant que « l'euro grimpait face au dollar mardi, après des commentaires d'un conseiller du président américain Donald Trump sur le niveau de la monnaie unique, dans un marché restant tout de même empreint de prudence. Vers 14H00 GMT (15H00 à Paris), l'euro valait 1,0755 dollar, contre 1,0695 dollar lundi vers 22H00 GMT ». Une hausse qui peut être aussi attribuée aux chiffres publiés sur la zone euro et qui semblait avoir laissé la devise de marbre la veille.

Euro et dollar en attente avant le FOMC
Ainsi donc, l’euro et le dollar, et le reste du marché des devises, étaient en attente de la  réunion de la FED comme on pouvait le lire sur Boursorama encore une fois mercredi 1er février : « Mercredi midi sur le marché des changes, se montrait neutre contre sa contrepartie américaine (+ 0,01% à 1,0794 dollar) après les propos controversés d'un conseiller de Donald Trump, et alors le premier FOMC de la Fed de l'année se terminera ce soir. (…) Selon des analystes parisiens, l'euro a profité la veille “des incertitudes autour de la politique de Donald Trump et des commentaires de l'un de ses conseillers (...) critiquant la faiblesse de la devise européenne qui profite à l'Allemagne.”» Un attentisme qui pourrait se prolonger pour le dollar : « Selon Saxo Banque, “le vrai rendez-vous majeur pour les investisseurs sera le 14 février prochain, à l'occasion de l'audition de Janet Yellen (la présidente de la Fed) devant la Commission bancaire du Sénat. Elle devrait donner plus d'indices concernant l'évolution dans les mois à venir de la politique monétaire. Il est également probable que plusieurs membres du Congrès, s'appuyant sur la règle de Taylor, pressent la banque centrale d'augmenter ses taux plus vite que prévu. Il faut donc s'attendre à ce que quelques divergences soient affichées à cette occasion entre les élus et Janet Yellen”, estiment les spécialistes. »

Alerte sur le Franc Suisse
La monnaie de la Confédération helvétique ne se porte pas vraiment bien cette semaine si l’on en croit l’alerte lancée ce mercredi 1er février par le président de la Banque nationale Thomas Jordan, nous apprend L’AGEFI : « Le plancher implicite de l’euro à 1,07 franc a tenu depuis août 2015 jusqu’au 26 janvier dernier. La monnaie européenne n’a plus pu le franchir depuis lors. Alors que la BNS avait probablement mobilisé beaucoup de moyens pour le défendre ces derniers mois (…), elle a cette fois été contrainte de laisser le franc s’apprécier davantage. »

Une monnaie trop forte, on le sait, n’est pas forcément une bonne chose notamment pour l’exportation. Ainsi, dans un article de
RTL, on apprenait ce mercredi que « Le Franc Suisse trop fort fait baisser les ventes de montres ». La Suisse est parmi les pays les plus industriels au monde en partie grâce à l’horlogerie : « Les exportations de montres suisses comptent pour près de 20 milliards d'euros annuels. C'est la moitié des exportations automobiles françaises, pour un pays dix fois moins peuplé que le nôtre. » Ce secteur est donc vital pour ce « petit » pays. Pourtant, il est en crise, souffrant d’un choc technologique, avec l’avènement des montres connectées, économique « avec la chute de la demande chinoise, à cause de la campagne contre la corruption qui interdit les cadeaux aux fonctionnaires », et enfin monétaire : la montée du franc suisse en 2015 a fait augmenter… les coûts de production : « Alors que les ventes de montres avaient bondi de 33% entre 2010 et 2014, elles ont chuté de 10% l'année dernière. Chez Cartier, on a licencié. Chez d'autres, on a réduit le réseau de boutiques, où il y avait des invendus par centaines de millions d'euros. On a appliqué les bonnes vieilles méthodes helvètes : la rationalisation de la production pour faire baisser les prix. Bon nombre d'entreprises ont dû augmenter leur temps de travail pour faire face à la montée du franc.»

Autre secteur qui souffre d’un franc suisse trop fort : les fonderies, comme nous l’apprend le site
Bilan ce 31 janvier : « Après un exercice 2015 difficile, les fonderies suisses ont encore souffert l'an passé du franc fort. De plus en plus de clients ont délocalisé des activités dans des pays à bas coûts, à la faveur de l'obtention de gros contrats. (…) Au total, les fonderies suisses ont écoulé 51'625 tonnes de fonte, soit un volume inférieur de 8,2% à celui livré en 2015.» Leur espoir : le Brexit : « La décision des Britanniques de quitter l'Union européenne (UE) a suscité une grande incertitude politique dans l'UE. Les dirigeants des fonderies suisses considèrent cette situation comme favorable aux fonderies helvétiques, un partenaire fiable disposant d'une monnaie forte et d'un cadre politique stable, écrit mardi l'Association suisse des fonderies (GVS). »

Néanmoins, l’export semble bien se porter malgré un franc fort. Le Figaro rappelle alors que « les exportations helvétiques ont battu un record l'an dernier, grâce aux produits pharmaceutiques ».