L’euro continue de reculer

Vendredi 17 février, Le Figaro indiquait que l’euro reculait après un début de semaine déjà mitigé : « Vers 23H00 à Paris, l'euro valait 1,0612 dollar contre 1,0675 dollar jeudi » contre 1,0610 dollar mardi 14 février : « "Ce sont seulement des mouvements techniques", a estimé David Gilmore, de Foreign Exchange Analytics. » Pas si sûr que cela…

Le 21 février, l’euro baissait à nouveau comme le rapporte Romandie dans une news AWP/AFP : « Vers 17H00 GMT (18H00 HEC), l'euro valait 1,0549 dollar contre 1,0613 dollar lundi vers 22H00 GMT. » Une baisse cette fois clairement attribuée aux déclarations d’un membre de la FED qui a fait monter le billet vert mais aussi aux pressions politiques que la monnaie unique subit : « 
Mardi, les marchés reprenaient un peu de vigueur, le billet vert accentuant même de faibles gains engrangés après des propos en fin de semaine dernière du président de l'antenne régionale de Philadelphie de la Réserve fédérale américaine (Fed), Patrick Harker, qui a laissé la porte ouverte à un relèvement des taux directeurs en mars, ont souligné des analystes. » Les conséquences du relèvement des taux sur le dollar ? Il serait plus rémunérateur « et donc plus attractif pour les investisseurs ». Des prévisions à nuancer cependant puisque pour le moment « la probabilité d'une telle action dès mars est actuellement faible, à 36% selon des calculs de Bloomberg». Réponse les 14 et 15 mars prochain, date de la prochaine réunion du Comité de politique monétaire de la FED (FOMC).

Un Euro plombé par les incertitudes politiques européennes
ZoneBourse évoque quant à lui les deux facteurs qui font pression sur l’euro, le faisant ainsi baisser : « L'euro baissait mardi face au dollar, la monnaie unique souffrant de perspectives politiques incertaines à travers l'Europe, tandis que le billet vert profitait des déclarations de membres de la Réserve fédérale (FED). » Mardi soir, la devise européenne valait ainsi 1,0535 dollar contre 1,0613 la veille. Concernant les inquiétudes politiques qui pèsent sur l’euro, plusieurs élections vont avoir lieu en Europe prochainement : « Les législatives néerlandaises en mars, dont le principal parti eurosceptique pourrait arriver en tête, et la présidentielle française, dont la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen semble largement en mesure de se qualifier pour le second tour début mai."Cela domine tous les autres facteurs jouant sur l'euro", a avancé M. Schlossberg, remarquant que les indicateurs économiques européens s'étaient, eux, révélés très favorables mardi. » En effet, malgré les bons chiffres annoncés concernant le secteur privé dans la zone euro, la devise ne réagit pas, preuve que les incertitudes politiques pèsent fortement sur elle…

Une progression du dollar
Le billet vert, plutôt en forme la semaine dernière, poursuit cette semaine et c’est
Investing.com qui en parle dans un article ce mardi 21 février. Ainsi apprend-on qu’il progresse suite à l’espoir d’une hausse des taux en mars : « Le dollar progresse contre un panier d’autres devises ce mardi après que la Réserve Fédérale ait donné des indices sur le chemin des taux d’intérêt. L'indice U.S. dollar, qui mesure la force du billet vert contre un panier de six différentes devises, progresse de 0,57% à 101,50. La présidente de la FED à Cleveland Loretta Mester a confié qu’une hausse des taux le mois prochain était possible. » La semaine dernière, nous évoquions déjà les propos de Janet Yellen qui avait réaffirmé qu’elle était pour un relèvement des taux. Ainsi, l’étau se resserre et le relèvement des taux semble de plus en plus une certitude.

Quelle évolution pour la paire euro/dollar depuis début 2017 ?
C’est un article Boursorama qui propose une analyse de l’évolution de la paire euro/dollar depuis ce début d’année 2017 : « Après avoir suivi une tendance générale à la hausse face au dollar au courant du mois de janvier 2016 (passant de 1,04115 dollar le 3 janvier à 1,07925 dollar le 31 janvier), l'euro a amorcé une baisse par rapport à la devise américaine au tout début du mois de février. Valant encore 1,07845 dollar au 3 février, la monnaie unique est descendue à 1,05805 dollar le 14 février, son niveau le plus bas en cinq semaines. » Mi-février, la monnaie unique a rebondi « atteignant 1,06695 dollar le 16 février ». Depuis, elle chute face au dollar…

Yuan : le mécanisme du cours pivot du yuan ajusté
« Le mécanisme de fixation du cours pivot du yuan a été légèrement ajusté lundi, selon trois sources bancaires proches du dossier, dernière initiative en date pour freiner la spéculation sur le marché des changes » apprenait-on lundi 20février sur
Les Échos. Pékin essaie tant bien que mal de maintenir sa devise, le yuan. Ainsi, « la Banque populaire de Chine (BPC), superviseur du CFETS, tente de réformer la gestion du yuan afin qu'elle gagne en clarté et soit plus réactive au marché ».

Hausse du franc suisse et excédent commercial
Nous vous en parlions la semaine dernière : une devise trop forte peut grever les exports et n’est ainsi jamais bon pour une nation… du moins en temps normal. Cette semaine,
Les Échos évoque « l’excédent commercial, un facteur de hausse de plus pour le franc suisse ». L’excédent commercial helvétique a ainsi progressé en janvier malgré une monnaie forte. Mais le franc suisse « a peu réagi mardi à la publication d'une hausse sensible de l'excédent commercial helvétique au mois de janvier, qui vient pourtant ajouter un facteur supplémentaire de hausse à la devise dont le statut de valeur refuge joue à plein avec le regain du risque politique au sein de la zone euro. L'excédent commercial suisse hors métaux précieux, pierres précieuses, antiquités et objets d'art a atteint 4,73 milliards de francs le mois dernier, contre 2,7 milliards en décembre et 3,45 milliards un an plus tôt ». Si le franc n’a pas progressé plus que de raison, c’est suite aux interventions de la BNS, la Banque nationale suisse. « La publication des chiffres du solde commercial de janvier n'a pas suscité la même réaction mais elle intervient au lendemain de celle des données hebdomadaires sur les dépôts à vue des banques suisses auprès de la Banque nationale suisse (BNS). Ces données sont considérées comme un indicateur des interventions de la BNS sur le marché des changes pour freiner l'appréciation de la devise suisse. Elles ont augmenté de près de 4,46 milliards de francs sur la semaine au 17 février, leur plus forte hausse depuis la mi-novembre.» Mais la BNS ne pourra pas intervenir sur le marché des changes éternellement…

Ainsi, la crainte d’un franc suisse plus fort plane, et c’est 20 minutes qui en parle ce mercredi 22 février : « La crainte de voir le franc suisse s'apprécier contre l'euro s'est renforcée ces dernières semaines, selon le sondage mensuel réalisé par Credit Suisse auprès des analystes financiers. Au-delà, la devise helvétique devrait plutôt céder un peu de terrain. Une proportion accrue des spécialistes interrogés par la grande banque anticipe une appréciation du franc face à la monnaie unique européenne, soit 45,2% en février contre 26,9% le mois précédent. Ce niveau n'avait plus été atteint depuis décembre 2010, selon un communiqué publié mercredi. »

Un dollar canadien fort : un problème ?
« La force du dollar canadien est surprenante mais problématique, selon des analystes » d’après le site EpochTimes. Ainsi, on peut lire que « le dollar canadien semble être une devise sans grand éclat, mais sa récente force est un peu surprenante et inquiétante pour la croissance économique, estiment certains analystes. Depuis l’élection américaine, le dollar canadien performe mieux que l’euro, le yen, la livre sterling, le dollar australien et le peso mexicain ». Une hausse qu’il semble difficile d’expliquer… « Toutefois, la force des données économiques du Canada récemment, particulièrement dans le domaine de la création d’emplois, est l’une des raisons de la force du dollar. (…) Un autre facteur qui fait augmenter la valeur du dollar est la tendance grandissante d’appartenance étrangère des actifs canadiens, qu’ils soient tangibles ou financiers comme les actions et les obligations. » La valeur du dollar canadien étant liée à celle du billet vert, étant donné que le taux de rendement de l’obligations de deux ans américaine a monté plus vite que celui canadien, le loonie aurait dû s’affaiblir mais il n’en est rien. Un point qui se révèle plutôt négatif, étant donné que le dollar canadien doit être davantage compétitif pour ne pas miner les exportations. Néanmoins, les divergences de politique économique entre la Banque centrale américaine, qui prévoit trois relèvements de taux en 2017, et celle du Canada, qui prévoit de « maintenir le cap jusqu’en 2018 », devrait finir par faire baisser le dollar canadien…