L'inflation, juge de paix en 2022

Les tensions inflationnistes vont persister en 2022. L'inflation est liée à une désorganisation des chaînes logistiques et à des contraintes d'offre. Et le variant Omicron devrait prolonger ces tensions. Omicron va introduire de l'incertitude, de la volatilité sur les marchés et des performances moindres mais aussi des reports dans les décisions d'investissement des ménages et des entreprises.

D’autres facteurs plus structurels nous laissent penser que l'inflation pourrait se prolonger :

- Les services en ligne et les progrès liés à la digitalisation de nos économies ont accentué la concurrence ces dernières années. On ne pourra sans doute plus profiter des mêmes effets de base qui poussaient les prix vers le bas (uberisation de l’économie, Amazon, Airbnb…)

- Le phénomène de mondialisation et l'optimisation des coûts de production par le biais des délocalisations devraient s'atténuer. Beaucoup de décideurs envisagent d'ailleurs de relocaliser une partie des chaînes de production. 

- Les prix des matières premières vont continuer à augmenter avec la transition énergétique.

Par ailleurs, l'inflation des prix à la production va nécessairement se traduire par une augmentation des prix à la consommation ce qui, mécaniquement, entraînera une baisse du pouvoir d'achat des ménages.

Ce retour de l'inflation est surprenant car les autres programmes “d'assouplissement quantitatifs” mis en place par les Banques Centrales, en d’autres termes l'augmentation des bilans des banques centrales, n'avaient pas provoqué d’inflation.

Quoi qu’il en soit, il faudra surveiller la dynamique salariale ces prochains mois car les tensions sur le marché du travail pourraient être les causes motrices de l’inflation.

Energies et matières premières sous tension

Sur les énergies et plus particulièrement le pétrole, le manque d'investissements ces dernières années va fortement impacter la production. Si l'offre de pétrole est contrainte, aucun élément n'est visible sur la demande qui, elle, repart à la hausse.

L'Agence internationale de l'énergie a estimé que la demande mondiale d'énergie pourrait augmenter de 45 % d'ici 2030, en raison du développement démographique et de l'industrialisation de pays comme la Chine et l'Inde.

Énergie et métaux sont fortement corrélés. Il faut commencer par faire le constat que les énergies fossiles représentent 80% de notre énergie primaire. Les énergies renouvelables font partie des énergies décarbonées. Or, on ne fabrique pas d'électricité avec du vent ou du soleil mais avec un convertisseur qui transforme l'énergie en électricité.

Et ce convertisseur est fait de métaux : une éolienne contient entre 950 kg et 5 tonnes de cuivre et une voiture électrique contient 4 fois plus de cuivre qu'une voiture traditionnelle avec d'autres métaux comme le lithium, le cobalt et le nickel pour les batteries.

2022, l'année de tous les risques pour les Banques Centrales

Les Banques Centrales ont fait le constat de l'inflation mi-décembre mais ont passé leur tour sans doute par crainte de tuer dans l'œuf une reprise encore fragile.

De fait, l’inflation est importante depuis 6 mois. Mais depuis 10 ans, l’inflation était largement inférieure aux attentes et aucune mesure n’avait permis de relancer les prix.

On peut simplement constater une dissymétrie entre la capacité qu'ont les Banques Centrales à agir rapidement quand il convient d'assouplir leur politique monétaire (via des baisses de taux ou la mise en place de programmes de rachats d'actifs) et leur incapacité totale à resserrer cette politique et à manquer toutes les opportunités qui permettraient de reprendre le contrôle et se donner des marges de manoeuvre. Le retour à la normalité va se faire dans la douleur. C’est toute la crédibilité des Banques Centrales qui est en jeu cette année.  

En zone euro, les fortes disparités entre Etats pourraient se creuser en cas de resserrement trop précipité de la politique monétaire. Les écarts de financement viendraient s’accentuer et pourraient déstabiliser toute la zone. 

Les banques centrales FED et BCE vont devoir rester accommodantes et agir en même temps car l’inflation est un frein à la croissance.

Les investissements en métaux précieux, or et argent physique

Vous trouverez ci joint une infographie indiquant les prévisions de certaines banques pour 2022 pour le marché de l'or.

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Quelques chiffres pour guider vos investissements en or et argent physique :

L’or abandonne 3,6% cette année et réalise sa plus mauvaise performance depuis 6 ans. 

L’argent recule de 18% sur le fixing de Londres passant de 27$ à 23$ avec un cours moyen de 25$.

Cours d’ouverture de l’or au 4 janvier 2021 : 1898$ //  Cours de clôture de l’or au 31 décembre 2021 : 1828$

Cours du Bitcoin au 4 janvier 2021 : 33000$ // Cours du Bitcoin au 31 décembre 2021 : 46200$

Evolution du ratio Lingot d’or par rapport au Bitcoin en 2021 : de 1,85 à 1,27

Comment investir dans les métaux précieux en 2022 ?

Nous avons fait état de risques liés à l’inflation. On peut  penser qu’en cas d’inflation devenue incontrôlable, l’or et le bitcoin vont flamber. Quand l’inflation augmente, la valeur de la monnaie baisse et les gens ont tendance à transformer leurs avoirs en or, car l’or physique devient un instrument de couverture contre les conditions inflationnistes.

Il faudra donc être particulièrement attentif au calendrier économique, aux publications relatives à l’inflation et aux annonces des Banques Centrales en matière de politique monétaire. 

Cours de l’or et taux d’intérêts 

Il existe une relation inverse entre l’or et les taux d’intérêt. Quand les taux augmentent, les investisseurs affluent vers les placements qui génèrent du rendement, contrairement à l’or. Pour le moment, cette relation est biaisée par le niveau d’inflation qui place les taux réels en territoire négatif. On surveillera les hausses de taux programmées par la Réserve Fédérale Américaine et les décisions prises par la Bank of England et la Bank of Canada ce mois-ci.

Cours de l’or et facteurs géopolitiques

La situation en Ukraine est préoccupante et le risque d’un conflit dans la région ne peut être écarté. 

En Chine, le Congrès du Parti Communiste se tiendra l’automne prochain et Xi Jinping pourrait se diriger vers un troisième mandat historique. Fera t-il alors “cadeau” de Taïwan à son pays dans le cadre d'une réunification devenue à ses yeux inéluctable? 

L’Iran, en pleine négociation sur le développement de son programme nucléaire, vient d’envoyer une fusée qui pourrait lui permettre de disposer de missiles balistiques très prochainement.

Ces risques, s’ils se confirment, auront tendance à pousser les cours de l’or à la hausse.

Cours de l’or et cours du dollar

Un dollar haut est généralement négatif pour les prix de l’or. Étant donné que l’or est libellé en dollars, toute faiblesse dans le dollar fait monter les prix de l’or. La faiblesse du dollar augmente la valeur des monnaies d’autres pays, la demande de matières premières augmente, y compris celle de l’or. 

On regardera l’évolution de l’indice du dollar qui est plutôt bien corrélé avec les cours de l’or.

 

En conclusion, il n’est pas certain que la fin des politiques ultra accommodantes des Banques Centrales signe la fin de la récréation sur le marché de l’or. Et même si les cours baissent sur une année, il faut considérer que les placements en or physique prennent tout leur sens sur un horizon de moyen ou de long terme. Il est toujours possible d’attendre le meilleur moment pour faire un “coup” mais une stratégie d'achats réguliers permet de lisser le prix à terme.

Rappelons, si nécessaire, que l’or n’est soumis à aucune taxe en France lors de l’achat. Le législateur a mis en place un dispositif allégeant la fiscalité avec la durée de détention. Vous obtiendrez plus d’informations en cliquant sur ce lien

 

Cette semaine, vous retrouverez sur notre blog un article comparant l’or et le bitcoin en tant qu’instruments de couverture contre l’inflation.


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