La monnaie unique remonte à plus de 1,17 dollar

En début de semaine dernière, l’euro avait chuté autour des 1,15 dollar : il est loin le temps où la monnaie unique était près des 1,23 dollar, au début du mois d’avril ! Mais en milieu de semaine dernière, il remontait. Le jeudi 31 mai, L’Express rapportait ainsi la progression de l’euro face au billet vert : « Ce midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne poursuivait sa reprise face à sa contrepartie américaine, en ajoutant 0,32%, à 1,1705 dollar, au 1,03% déjà repris hier soir. Rappelons que l'euro s'était approché des 1,15 dollar ces deux derniers jours. » La crise italienne s’étant tassée, l’euro bénéficie ainsi de l’apaisement des tensions politiques mais aussi de chiffres meilleurs que prévu concernant la zone euro : « Du côté statistique, les dernières publications s'avèrent favorables à l'euro : on a appris hier que le taux de chômage avait de nouveau reculé (de 5,3 à 5,2%) au mois de mai en Allemagne, pour marquer un énième point bas. Ce matin, Eurostat a révélé qu'en mai, l'indice des prix à la consommation avait rebondi à 1,9% sur un an, soit nettement plus que prévu (1,6%) et qu'en avril (1,2%). Hors éléments volatils, comme l'énergie, le taux ressort à 1,1%, contre 1% anticipés et 0,7% auparavant. Par ailleurs, le taux de chômage de l'Eurozone a continué de baisser en avril à 8,5%, après 8,6%. »

Devises : l'euro remonte, la fin du QE en question
Cette semaine, l’euro continue sa progression, selon cet article de
BourseDirect.fr du mercredi 6 juin, l’euro valait ainsi 1,176 dollar, reprenant 0,4 % face au billet vert : « Alors que la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE est prévue pour la semaine prochaine, le chef économiste de l'Institution fait part de son optimiste quant à la remontée des prix dans la zone euro. "Les signaux montrant une convergence de l'inflation vers notre objectif s'améliorent et, tant la vigueur sous-jacente de l'économie de la zone euro que le fait qu'une telle vigueur a un effet croissant sur la formation des salaires, renforcent notre conviction que l'inflation atteindra un niveau inférieur, mais proche, de 2% à moyen terme", a déclaré Peter Praet à Berlin. "Les attentes de plus en plus faibles du marché de nouvelles expansions importantes de notre programme ont été accompagnées d'anticipations d'inflation qui sont de plus en plus conformes à notre objectif", a-t-il ajouté. » La semaine prochaine, on devrait justement en savoir plus sur la réduction du programme de rachat d’actifs par la BCE en fonction des progrès réalisés ces derniers mois.

« Devises: reprise de la monnaie unique ce midi », c’est le titre d’un article de L’Express ce mercredi 6 juin également. On pouvait lire que « Mercredi midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne amplifiait le mouvement de reprise entamé ces derniers jours face à sa contrepartie américaine ». La raison est simple : « (…) une reprise de la tension sur les taux longs italiens : revenu sur les 2,50% voilà deux jours, le 'dix ans' se rapproche ce midi de nouveau des 2,95%. » Mais ce n’est pas la seule cause, comme l’a évoqué BourseDirect.fr : il y aussi le fait que « la BCE pourrait conclure sa prochaine réunion de politique monétaire, ce mois-ci, en annonçant à quelle date prendra fin son programme d'assouplissement quantitatif ».Une normalisation de la politique monétaire par la BCE devrait ainsi soutenir l’euro.


Quant à
Zone Bourse, dans unrelai d’une news AWP/AFP, il titrait « L'euro se maintient en hausse face au dollar grâce à l'apaisement en Italie ». Outre la situation politique italienne qui connaît une issue positive, l’article revient également sur la fin supposée du programme de rachat d’actifs par la BCE comme catalyseur pour la monnaie unique : « L'euro avait commencé à reprendre de la vigueur lundi face au dollar après la publication d'informations selon lesquelles la Banque centrale européenne pourrait discuter de l'avenir de son programme de rachat de dette dès sa prochaine réunion prévue la semaine prochaine.Cette réunion de l'institution, qui achète actuellement chaque mois 30 milliards d'euros de dette souveraine sur les marchés, se tiendra le jeudi 14 juin.Le programme d'achat de la BCE est supposé se terminer en septembre, ce qui pourrait donner le coup d'envoi à la fin progressive des mesures de soutien à l'économie européenne, à l'instar des taux d'intérêt très bas. » Ne reste plus donc qu’à attendre pour savoir ce qu’il en est.



Le dollar fort, Un Problème pour les États-Unis ?
« Après plusieurs mois de baisse contre toutes les devises, le Dollar a pris le chemin inverse ces dernières semaines. La hausse des taux courts déjà enclenchée par la Banque centrale américaine (FED) et la perspective d’un retour progressif à une politique monétaire plus conventionnelle provoquent une relative raréfaction de Dollars. » C’est ainsi que commence cet article de
Forbes du lundi 4 juin sur le dollar. Il revient sur la situation italienne qui a pesé sur la monnaie unique, et favorisant par la même le billet vert, rappelant que « L’Euro a baissé de 7% par rapport à son pic de 1,25 pour 1 dollar atteint en février ; mercredi dernier, au plus fort des doutes sur la politique italienne, il est même venu tester des niveaux de 1,15 plus connus depuis début 2017 ». Mais, comme nous le disons régulièrement dans nos revues de presse, une monnaie forte n’est pas forcément favorable à l’économie d’un pays, grevant ainsi l’export : « Beaucoup de grandes entreprises américaines réalisent une part importante de leurs bénéfices hors des États-Unis. En 2017, la situation était donc très confortable pour elles : la conversion de ces résultats en Dollar leur était bénéfique. La situation pourrait s’inverser complètement si le Dollar reprend durablement le chemin de la hausse. » Et de préciser : « Pour le moment, les conséquences de la hausse récente sont encore marginales pour les entreprises américaines (…) Il est donc encore très difficile d’évaluer l’impact de la hausse récente du Dollar sur les résultats des entreprises américaines." (…) Il est évident, a contrario, que si la hausse s’amplifie et dure quelques mois, les entreprises les plus exportatrices souffriraient»

La hausse du dollar va s’essouffler
Cet article du
Figaro du mercredi 6 juin évoque le rebond récent du dollar mais tempère sa progression, qui devrait ainsi s’essouffler pour les raisons suivantes : « Le cycle économique américain est à un stade plus avancé que celui de ses pairs, et la Fed est allée bien plus loin que les autres banques centrales sur la voie du resserrement de la politique monétaire. Ceci ne signifie pas pour autant que les conditions soient déjà restrictives: les taux réels aux États-Unis (les taux d’intérêt à court terme moins l’inflation) sont de 0,9%, ce qui donne à l’économie américaine une petite marge de manœuvre avant que les conditions ne commencent à devenir difficiles. Cependant, cela veut aussi dire que la marge d’expansion est limitée. Nous ne pensons pas que l’économie américaine sera en mesure d’accélérer son rythme de croissance, pas plus que nous n’envisageons de rendements à 10 ans qui atteindraient 4%. »


Le roi dollar
Il s’agit du titre d’une émission de
France Culture du samedi 2 juin sur le dollar. L’émission aborde la question de l’hégémonie du roi dollar et de ses limites. L’article introductif explique ainsi que « depuis l’après-guerre, c'est LA monnaie des échanges internationaux.Mais là où le privilège devient exorbitant, c'est que le billet vert est tout sauf neutre : il est le principal instrumentd'influence de la première puissance mondiale, les États-Unis, qui ne pèseraient pas ce qu'ils pèsent sans leur monnaie.Les menaces de sanctions contre les sociétés qui continueraient de commercer avec l'Iran sont là pour le rappeler.Le dollar est un monarque absolu. Mais comme tous les monarques, il a ses faiblesses ».Une émission passionnante qui conclut cependant que le dollar a encore de beaux jours devant lui.


Réserves de change : l'Afrique se tourne peu à peu vers le yuan
Nous évoquions la semaine dernière l’offensive du yuan à l’international. Cette semaine,
Boursorama consacre un article à l’Afrique et son attrait pour le yuan. On peut ainsi lire que « À la fin du mois de mai, des fonctionnaires haut placés des banques centrales de 14 pays d'Afrique se sont réunis dans la capitale du Zimbabwe, Harare. Ils se trouvaient en compagnie de représentants de la Banque de développement africaine, ainsi que de responsables politiques. Le but de leur entrevue : étudier la possibilité d'utiliser le yuan (ou renminbi) en tant que monnaie de réserve. Même si la devise chinoise est encore très loin de s'imposer au niveau mondial, elle gagne peu à peu du terrain par rapport au dollar ». Une démarche avantageuse pour ces pays africains puisque « Les 14 pays africains intéressés par des réserves de change en yuan, parmi lesquels l'Angola, le Botswana, le Lesotho, la Namibie, le Rwanda et la Zambie, disposent tous de crédits ou de subventions émanant de la Chine. Par ailleurs, l'empire du Milieu, qui effectue de plus en plus d'investissements en Afrique, est aujourd'hui le principal partenaire commercial de plus de 130 pays du continent Noir. Par conséquent, de nombreux pays africains jugent plus avantageux de rembourser leur dette en renminbi ». De là à se substituer au dollar et à en faire vaciller son hégémonie, il y a encore du chemin à faire. Mais c’est un signe évident de la dédollarisation en court à travers le monde.


La Banque de réserve d'Australie éteint le dollar
Le dollar australien est, encore et toujours, en difficulté. Il ne progresse guère. Dans un article,
Le Figaro nous apprend que « Le dollar australien cède 0,64% à 0,76014 dollar américain après avoir atteint hier son plus haut niveau depuis le 20 avril ».Et cela ne semble pas près de changer, puisque la Banque nationale australienne a décidé de laisser ses taux inchangés. Une décision qui sonne comme un couperet : une augmentation des taux viendrait soutenir la monnaie australienne, un soutien dont le dollar australien a bien besoin… Mais il faudrait pour cela que les conditions soient réunies afin que l’économie supporte une hausse des taux : « La Banque de réserve d'Australie (RBA) a rendu une décision de politique monétaire sans surprise, "ennuyeuse" selon Commerzbank, sans se départir de sa relative prudence. Ainsi, le taux directeur a été maintenu à 1,5%, pour la 20e réunion consécutive, la croissance économique est toujours attendue en accélération et légèrement au-dessus de 3% en 2018 et 2019 et l'inflation devrait légèrement dépasser 2% cette année. » La seule note positive est que le dollar australien étant bas, cela soutient les exportations.