L’euro en baisse face au dollar

Cette semaine, la monnaie unique se stabilisait ce mardi, comme on peut le lire dans cet article du Figaro qui se fait le relai d’une news AFP. Les marchés restent prudents : le regain de tensions commerciales entre les USA et la Chine ont refroidi l’ambiance. Le président américain a en effet menacé Pékin de taxer 200 milliards de dollars d’importations supplémentaires « pour compenser, selon lui, le vol de technologies et de propriété intellectuelle américaines ». L’aversion au risque est donc bel et bien de retour : « L'euro était stable mardi face au dollar, les investisseurs adoptant une attitude prudente en raison des tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine et des difficultés de la coalition allemande sur les questions migratoires.Vers 06H00 GMT (08H00 heure de Paris), la monnaie unique européenne valait 1,1622 dollar contre 1,1623 dollar lundi à 21H00 GMT et 1,1610 dollar vendredi soir. »

Mais plus tard dans la journée,
Le Figaro annonçait que l’euro était en baisse face au dollar : « L'euro baissait mardi face au dollar, alors que deux événements attiraient l'essentiel des regards des investisseurs: les tensions politiques en Allemagne autour de la question des réfugiés et l'escalade entre les États-Unis et la Chine. » Et de compléter : « "L'euro est encore freiné par les inquiétudes autour de la coalition allemande", ont expliqué les analystes de Sucden. » Ainsi, à 14h00 GMT, « la monnaie unique européenne valait 1,1561 dollar contre 1,1623 dollar lundi à 21H00 GMT. »

Pour Investing.com, ce mardi, « L'Euro marque de nouveaux creux suite à des propos prudents de la BCE » : « Erkki Liikanen, gouverneur de la banque centrale de Finlande, a en effet déclaré ce matin que la BCE pourrait attendre « après l’été 2019 si besoin » pour commencer à remonter ses taux. » Si la BCE ne remonte pas encore ses taux, c’est parce que l’économie européenne n’est pas suffisamment solide. Un aveu de faiblessepouvant inquiéter les investisseurs qui avait anticipé une hausse en 2019 : « Les propos tenus ce matin confortent donc les anticipations que la BCE remontera ses taux plutôt tard que tôt, alors que les investisseurs anticipaient encore avec une quasi-certitude une hausse des taux pour juin 2019 il y a une dizaine de jours. » On apprend que durant la séance, la monnaie européenne est descendue à 1,1541 dollar.

Mercredi, « L’euro continue de baisser face au dollar », explique un article ZoneBourse.com qui relaie une news AFP/AWP. La devise unique reculait donc dans « un marché s'interrogeant sur les politiques monétaires des grandes banques centrales et sur l'effet des tensions commerciales provoquées par les États-Unis». Il cotait 1,1558 dollar contre 1,1572 dollar la veille : « L'euro est notamment descendu, selon lui, jusqu'à 1,1535 dollar "après des commentaires (du gouverneur de la banque d'Autriche et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne) Ewald Nowotny, pour qui l'euro devrait encore se déprécier face au dollar".La monnaie unique avait déjà été pénalisée la veille par des propos de Mario Draghi, le président de la BCE, qui "a répété qu'ils resteraient +patients+ pour déterminer le moment d'une première hausse des taux et qu'ils auront ensuite une approche +graduelle+ dans l'ajustement de leur politique", a expliqué Lee Hardman, analyste pour MUFG. »

L'euro au bord du gouffre
Il est donc légitime où va l’euro. PourJoseph E. Stiglitz, économiste américaine émérite, relayé sur 
AllNews.ch, il serait au bord de l’asphyxie, dans un article du mercredi 20 juin qui relayait une newsAWP/AFP : « L'euro pourrait connaître une nouvelle crise. La troisième puissance économique de la zone euro, l'Italie, vient de choisir un gouvernement que l'on peut qualifier au mieux d'eurosceptique. (…) L'Italie est en mauvaise posture économique depuis le lancement de l'euro. Son PIB réel (ajusté en fonction de l'inflation) stagne depuis 2001. Mais la zone euro elle-même n'a guère fait mieux. Ainsi entre 2008 et 2016 son PIB réel n'a augmenté que de 3% au total. » Un article fort intéressant qui explique comment les Etats ont les pieds et mains liés, à la fois désireux de rester dans l’UE mais souhaitant la fin de l’austérité et le retour de la prospérité.

Marchés : quand le dollar fort provoque de gros dégâts !            
Comme nous l’avons déjà évoqué dans une de nos précédentes revues de presse, le dollar, qui est en période haussière, pénalise de nombreuses économies d’autres pays. Cette semaine,
Boursorama, revient justement sur ce phénomène dans son émission Ecorama dont l’invité est Philippe Béchade. Il existe de nombreuses tensions sur le marché des changes en raison de la politique de la FED qui est à l’opposé des autres banques centrales mondiales, notamment de celle de la BCE, qui n’entend pas procéder à un relèvement de ses taux dans l’immédiat. L’émission évoque notamment le problème rencontré par les pays émergents particulièrement endettés en dollars.

Les Échos abordent également cette question dans un article du vendredi 15 juin intitulé « Le renforcement du dollar fragilise les pays émergents » et qui commence ainsi : « Soutenu par la croissance américaine et par le resserrement monétaire de la FED, le dollar revient à son plus haut niveau depuis près d'un an face à l'euro et menace la stabilité de certains pays émergents. » L’article rappelle que la BCE, la Banque centrale européenne, et la BoJ, la Banque du Japon, elles, maintiennent un discours très prudent, et revient sur les marchés émergents : « Mais le rebond du dollar (+ 1,5 % sur la semaine) a surtout eu un effet délétère sur les marchés émergents. En une semaine, la livre turque a chuté de 5,6 %, le peso argentin de plus de 7 %, le rand sud-africain de 2,8 % et le peso mexicain de 1,8 %. (…) En trois mois, cinq devises ont perdu plus de 10 % de leur valeur dont le Peso Argentin (-26 %), la livre turque (-18%) et le real brésilien (-13%)

Le franc suisse pourrait accentuer sa hausse face à l’euro après la BNS
Le franc connaissait un léger rebond face à l’euro ce mardi 19 juin expliquait DailyFx.com dans son article: « En amont de la réunion de politique monétaire de la BNS prévue ce jeudi, le franc suisse tente d’intensifier la mise sous pression d’une monnaie unique impactée par sa banque centrale. En effet, la paire EUR/CHF ne prolonge pas son sursaut effectué à l’entame du mois, sans nonplus parvenir à engager, à ce stade, une nouvelle tendance baissière. Les plus récentes interventions de la BNS n’ont pas été favorables au franc suisse. En effet, la BNS avertissait le marché du franc suisse à l’entame du mois de juin du fait qu’il était « encore trop tôt pour relever ses taux ».» Ainsi, les investisseurs ne s’attendent à aucun relèvement des taux de la part de la BNS, ce qui pourrait peser sur la monnaie suisse.

Sondage : Les opérateurs financiers ont confiance dans le yuan en tant que devise de réserve
C’est un article du mardi 19 juin émanant du site d’information
French.china.org qui parle de la confiance des opérateurs en la devise de l’empire du Milieu : « Parrainé par la banque HSBC (The Hongkong and Shanghai Banking Corporation), un sondage réalisé récemment par la Central Banking Publications (maison d’édition du Royaume-Uni) sur un panel de 79 banques centrales qui gèrent 5500 milliards de dollars d’actifs et qui possèdent 54% des réserves mondiales en devises, a constaté une confiance croissante dans le yuan, considérant que son poids dans les réserves mondiales en devises passerait à 8,5% à l’horizon de 2020. » Nous avions déjà évoqué les semaines précédentes la place de plus en plus importante que prenait le yuan, notamment en Afrique. Le yuan s’internationalise, sapant petit à petit l’hégémonie du dollar.

L’aversion pour le risque soutient le yen japonais
Au même titre que le franc suisse, le yen est une valeur refuge pour les investisseurs.DailyFx, le site d’actualités et d’analyses de marché, expliquait dans un article du mercredi 20 juin, que le yen superforme les devises majeures en raison de « l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine » ainsi que de l’aplatissement de la courbe des rendements obligataires américains qui inquiètent les investisseurs. Il précisait également que « la baisse des rendements obligataires mondiaux depuis le début de l’année témoigne de l’appétit des investisseurs pour les actifs refuges et donc de l’aversion pour le risque. Le rendement du 10 ans allemand a perdu 40 bps depuis février ».

Le Yen devra faire sans le soutien d’une Banque du Japon ultra-accommodante
C’est un autre article de DailyFx.com qui aborde la question de la politique monétaire de la BoJ, qui a décidé d’adopter un statu quo et de ne pas relever ses taux, « laissant son principal taux directeur négatif à -0,10% ». Une décision qui risque d’être néfaste au yen puisqu’elle souligne la faiblesse de l’inflation nipponne.