Les devises stables avant une réunion de la FED et les chiffres américains de vendredi

En ce début de semaine, le calme était plutôt de mise sur le marché des changes comme le rapporte ZoneBourse.com ce mardi 7 mars. L’euro reste stable face au dollar, au yen et au franc suisse. Pourquoi un tel immobilisme ? L’attente de la réunion de la FED, la Banque centrale américaine, qui doit se tenir aujourd’hui jeudi 9 mars, ainsi que celle des chiffres américains sur l’emploi. Les incertitudes grimpent en Europe, où les présidentielles françaises se rapprochent, mais aussi aux États-Unis. En outre, « alors que croissance et inflation semblent plutôt parties d'un bon pied en 2017 dans l'Eurozone, la position de la BCE est moins claire. La Banque centrale européenne a annoncé son intention de réduire de 80 à 60 milliards ses rachats d'actifs obligataires dès avril. Le conseil des gouverneurs, qui se réunira jeudi à Francfort et sera suivi d'une conférence de presse de Mario Draghi, sera donc suivi de près ».

Baisse de l’euro face au dollar : la FED en cause…
Lundi, l’euro baissait encore face au dollar : « L'euro recule par rapport au billet vert ce lundi, à 1,056 dollar contre 1,062 dollar vendredi soir, alors que la devise américaine profite de la perspective d'un prochain tour de vis monétaire de Réserve fédérale », comme le rapporte ZoneBourse.com à nouveau. Une semaine auparavant, le mardi 28 février, l’euro valait 1,0594 dollar… Si outre-Atlantique un relèvement des taux est largement pressenti, en Europe, la poursuite de la politique accommodante de la BCE est attendue : « En Europe, l'actualité de la semaine sera marquée par la réunion de politique monétaire de la BCE, suivie de la conférence de presse de Mario Draghi', note Aurel BGC, précisant que ce dernier est surtout attendu sur le fameux '2%' d'inflation dans la zone euro. » Un élément qui semble peser dans la balance de la monnaie unique.

Ce même jour, Le Revenu titrait « L'euro baisse un peu face au dollar dans un marché prudent » : « Vers 14H00 GMT (15H00 à Paris), l'euro valait 1,0600 dollar, contre 1,0619 dollar vendredi vers 22H00 GMT. La devise européenne baissait également face à la monnaie nippone, à 120,55 yens contre 121,11 yens pour un euro vendredi soir. » Un recul de l’euro, malgré un dollar qui perdait lui aussi du terrain face à la monnaie nippone, pouvait-on lire dans cet article. Et cela ne risque pas forcément de s’arranger : « Les marchés vont scruter la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) prévue jeudi. L'institution de Francfort mène actuellement une politique accommodante qui est susceptible de peser sur l'euro, et les cambistes ne s'attendent pas à des bouleversements, malgré des chiffres relativement encourageants la semaine passée sur l'inflation et l'emploi. L'euro souffrait de plus toujours lundi des incertitudes politiques à un peu plus de six semaines du premier tour de l'élection présidentielle en France. »

Pourtant, vendredi, ces rumeurs de relèvement des taux allaient bon train, faisant étonnamment baisser le billet vert… et monter l’euro. Le Figaro explique ainsi que « l'euro montait fortement vendredi face au dollar malgré des propos a priori favorables au billet vert de la part de Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale (Fed), les cambistes récupérant leur mise après de bonnes séances pour la monnaie américaine.Vers 22H00 GMT (23H00 à Paris), l'euro valait 1,0619 dollar, contre 1,0507 dollar jeudi soir ».

 

… Mais aussi les chiffres américains
Ce mercredi, on apprenait dans un article des
Échosque l’euro avait baissé, et pas qu’un peu, suite aux chiffres publiés par la Cabinet ADP concernant l’emploi dans le secteur privé américain, qui aurait créé 298 000 emplois en février contre 190 000 attendus par les économistes : « L'euro est tombé brièvement mercredi sous le seuil de 1,0535 dollar, à un plus bas depuis le 3 mars, après la publication du rapport du cabinet ADP sur l'emploi dans le secteur privé aux États-Unis, ressorti bien meilleur que prévu. La monnaie unique a touché un plus bas à 1,0533 dollar, avant de se reprendre. À 13h43 GMT, elle s'échangeait en baisse de 0,2%, à 1,0547 dollar. »Un signal très positif et fort qui favorise une politique de relèvement des taux : « Les anticipations de hausse des taux à l'issue de la réunion de la FED des 14 et 15 mars se sont encore renforcées, la probabilité d'un tel scénario atteignant 91%, contre 89% auparavant. » Il ne reste plus qu’à connaître les chiffres officiels des créations d’emploi US qui seront révélés ce vendredi… S’ils sont positifs, l’euro risque alors de chuter encore.

Hausse du dollar lundi
À la fin de la semaine dernière, le dollar a donc baissé avant de connaître un mieux en ce début de semaine. Ainsi
Boursier.com explique pourtant que de nombreux facteurs ont poussé les investisseurs à la prudence : « La Bourse de New York a reculé lundi à l'approche d'une nouvelle hausse probable des taux de la Fed et alors que la Chine s'est fixé un objectif de croissance en baisse pour 2017 et que la Corée du Nord a procédé lundi au tir de quatre missiles balistiques. Donald Trump a signé un nouveau décret anti-immigration et a jeté un froid en accusant son prédécesseur Barack Obama de l'avoir mis sur écoute avant l'élection présidentielle. » Malgré tout, le dollar a grimpé : « L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de monnaies mondiales) progressait lundi soir de 0,3% à 101,62 » alors que, comme nous l’avons indiqué dans notre revue de presse de la semaine dernière, cet indice était à 101,50 mercredi 1er mars.

Les réserves de devises chinoises repassent au-dessus de la barre des 3 000 milliards de dollars
En janvier, nous vous disions que les réserves de la Banque centrale chinoise avaient atteint un plus bas depuis février 2011 en passant sous la barre des 3 000 milliards de dollars, perdant ainsi 1 000 milliards de dollars entre 2014 et 2016. Alors que Reuters attendait une nouvelle baisse de 25 milliards de dollars en février après une baisse de 12,3 milliards en janvier, on apprend que finalement, « La Chine stoppe la fonte de ses réserves de change » comme le titrait un article de La Tribune publié le 7 mars. En effet, elles ont augmenté de 6,91 milliards alors que « au cours des dernières semaines, le yuan s'est raffermi à la faveur d'un essoufflement de la hausse du dollar. Il s'est apprécié de 0,2% le mois dernier et progresse de 0,8% depuis le début de l'année ». Mais avec le relèvement prochain des taux américains, la pression devrait à nouveau être mise sur le renminbi, autre nom donné à la devise chinoise.

Une nouvelle également reprise par FrenchChina.org.cn ce mercredi 8 mars : « Les réserves de change de la Chine ont à nouveau dépassé la barre des 3000 milliards de dollars en février, la première hausse en huit mois grâce à l'amélioration du volume des exportations et au ralentissement des sorties de capitaux. » Les raisons de cette hausse ? Elle « est due en partie à la reprise économique intérieure et à l'augmentation des exportations en février, a déclaré Ren Zeping, économiste chez Founder Securities Co. La croissance des exportations de la Chine a été de 15,9 % en janvier et devrait maintenir une croissance similaire en février. (…)Le taux de change du yuan s'est stabilisé en février. À cela s'ajoute la plus stricte mise en œuvre des règles d'achat de devises étrangères, qui a amorti les sorties de capitaux, contribuant à augmenter les réserves de change, indique une note de Guotai Junan Securities Co. » Ainsi, en février, la demande de yuan a augmenté alors que la devise avait essuyé une baisse importante en 2016.

Le yen se renforce après le tir de missiles nord-coréens
Le yen s’est replié en février mais cette semaine, il semble revigoré. En cause : « un tir de missiles nord-coréens près du Japon » comme l’explique Le Figaro ce lundi 6 mars. « Le yen, considéré comme une valeur refuge, "semble se renforcer après le tir de missiles nord-coréens", a indiqué Soichiro Monji, responsable du département de recherche économique chez Daiwa SB Investments Ltd.La Corée du Nord a tiré lundi une salve de quatre missiles balistiques en mer Orientale (mer du Japon), une "provocation" intolérable pour Tokyo et un nouveau défi pour le président américain Donald Trump. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a précisé que trois de ces missiles étaient tombés dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, qui s'étend jusqu'à 200 milles nautiques (370 kilomètres) de ses côtes. »

Le dollar canadien proche d’un plus bas de deux mois
Alors même que le dollar canadien était dangereusement haut il y a peu et que le gouvernement canadien espérait une baisse du loonie afin de renégocier l’Aléna avec Trump, le voilà qui se retrouve près d’un plus bas de deux mois d’après Investing.com: « Le dollar canadien reste proche d’un plus bas de deux mois contre sa contrepartie américaine ce mardi tandis que les prévisions d’une hausse des taux par la Réserve Fédérale continue de soutenir le billet vert et que les investisseurs digèrent les chiffres.L’USD/CAD touché 1,3421 et était à 1,3411 à 09.27 ET proche d’un plus bas de deux mois à 1,3435. » Les chiffres canadiens sont d’ailleurs plutôt bons : ainsi, « des chiffres ont montré que le Canada enregistrait sa troisième semaine consécutive dans le vert en janvier et pour la première fois en deux ans grâce à une augmentation des exportations de véhicules.Statistics Canada indique que le surplus de la balance a augmenté à $807 million par rapport aux prévisions des analystes de 700 millions de dollars ».

« Solde commercial positif en janvier : les exportations canadiennes à un niveau record » titrait justement LaPresse.camardi 7 mars. Effectivement, « les exportations canadiennes ont augmenté de 0,5% à un niveau record de 46,45 milliards de dollars en janvier, grâce aux ventes à l'international de véhicules automobiles (+8%) à 7,8 milliards en janvier et de produits agroalimentaires (+13%) à 3,1 milliards avec un bond des ventes de canola principalement en Chine ». La Canada a donc bien débuté l’année 2017 puisqu’il affiche un troisième solde commercial mensuel positif, « une première depuis 2014 ». Une bonne nouvelle, certes, à nuancer néanmoins puisque des reculs ont été observés par ailleurs : « Statistique Canada souligne que les gains enregistrés au chapitre des exportations ont en partie été contrebalancés par des reculs du côté des biens de consommation, des produits en métal ainsi que des produits minéraux non métalliques. Au total, l'agence fédérale a constaté des baisses dans six des 11 secteurs analysés. »

Le dollar australien s’apprécie un peu
C’est
Le Figaro qui évoque brièvement la légère appréciation du dollar australien ce lundi 7 mars : « En fin d'après-midi, le dollar australien s'apprécie en effet de 0,22% à 0,7595 dollar américain, un niveau autour duquel il oscille depuis le 2 mars. » On apprend aussi que : « Ce matin, la banque centrale australienne a donc maintenu son taux directeur à 1,5% soulignant notamment que l'inflation "core" allait mettre du temps à retrouver son niveau "normal". Cette préoccupation n'est pas sans rappeler celle de la BCE notamment qui hésite à s'engager dans une réduction de son QE tant que l'inflation hors énergie n'a pas réellement montré de signe d'accélération. »