L’euro au plus haut de l’année à 1,09 dollar

Le Figaro, au lendemain du 1er tour, titrait « L'euro bondit et les devises refuge se replient après le premier tour de la présidentielle ». Relayant une news de l’AOF, l’article explique que « Les opérateurs du marché des changes lâchent les chevaux ce lundi et se ruent sur l'euro au lendemain du premier tour de la présidentielle française ». Un signe clair que les investisseurs accueillent avec « enthousiasme la victoire d’Emmanuel Macron au premier tour », précisant que « certes, Marine Le Pen est également au second tour mais les premiers sondages donnent une confortable avance au candidat d'En Marche ! ». La monnaie unique prend des gains face à d’autres devises comme le franc suisse, valeur refuge : « (…) l'euro gagne 1,05% face au franc suisse, traditionnelle valeur-refuge, ce qui fait dire au stratégiste de Commerzbank que la Banque centrale suisse a dû recevoir avec une grande joie le résultat du premier tour, elle qui se bat depuis des mois contre la surévaluation de sa monnaie. Même chose face au yen : l'euro s'apprécie de plus de 2%. Enfin, l'euro gagne 1,5% à 0,8499 livre sterling. »

« Devises : l'euro proche des 1,09 dollar mardi midi » titrait Zonebourse.com qui relayait une news Cercle Finance mardi 25 avril : « L''effet Macron' jouait toujours en faveur de la monnaie unique européenne mardi midi sur le marché des changes. Après une envolée de 1,31% hier, l'euro grappillait encore 0,19% à 1,0886 dollar, tout en se montrant plus mesuré face au franc suisse et au sterling britannique. » Ce que redoutaient les investisseurs n’est pas arrivé : les craintes d’un affrontement Mélenchon/Le Pen, deux candidats qui souhaitaient sortir la France de l’Europe, sont désormais envolées. C’est près de 0,020 dollar que l’euro a pris donc. « Selon les analystes de Saxo Banque, “l'effet Macron sur le marché ne va certainement pas durer aussi longtemps que l'effet Trump”. “En raison de la configuration politique pour le second tour, l'élection présidentielle française ne constitue plus une échéance à risque pour le marché. Le principal enseignement que les investisseurs doivent retenir du premier tour, c'est que le risque majeur pour 2017 est de trop prêter attention au risque politique. Il faut, constamment, prendre du recul par rapport à ce type d'échéances et ne pas dramatiser à outrance”, ajoutent les spécialistes. »

Bourse Direct ce même mardi intitulait un article « Devises : l'euro au plus haut de l'année avant le second tour Macron-Le Pen ». En effet, mardi la monnaie unique progressait atteignant son « plus haut niveau de l'année 2017 face au billet vert, finissant à 1,0932$, en hausse de 0,6% ». Une hausse qui s’explique tout simplement par l’éloignement des risques d’un Frexit : « Les cambistes tablent sur une large victoire d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, le 7 mai prochain. Les sondages laissent penser que le candidat d'En Marche gagnera avec un score supérieur ou égal à 60%. » Outre ce fait, des rumeurs disent que la Banque centrale européenne, la BCE, pourrait « limiter sa politique de soutien à l'économie » :« La politique ultra-accommodante actuelle a contribué à maintenir l'euro à un niveau bas ces dernières années, entretenant un environnement de taux d'intérêts très bas et moins attractifs pour les investisseurs que les rendements d'autres pays (États-Unis, pays émergents...). » Si un revirement de politique monétaire n’est pas d’actualité, « Le président de le BCE Mario Draghi pourrait annoncer une inflexion de sa position lors de la réunion de la BCE du 8 juin prochain, selon les analystes ».

Mercredi, l’euro était « sans grande direction » selon
ZoneBourse.com : « La monnaie unique européenne se tassait légèrement face à ses grandes contreparties mercredi midi dans un marché des changes peu animé. A cette heure, l'euro recule de 0,28% à 1,0897 dollar ainsi que de 0,21% contre le sterling à 0,8497, tout en suivant des tendances plus mesurées encore contre le yen et le franc suisse. » Il conserve néanmoins ses gains pris depuis les résultats du 1er tour des élections. Cela va-t-il continuer ? Nul ne le sait. Néanmoins, « Alors que la prochaine réunion de la FED n'aura pas lieu avant début mai aux États-Unis, les cambistes de Société Générale estiment que «les membres du FOMC vont devoir préparer le marché à une nouvelle hausse des taux en juin avant qu'il ne soit longtemps». Notons que vendredi aux États-Unis, on attend l'estimation de la croissance du PIB au 1er trimestre. En données séquentielles, le consensus attend + 1,1%, après + 2,1% le trimestre précédent». Affaire à suivre !

Dollar : P&G affecté par le ralentissement du marché et le dollar fort
On vous l’a dit à plusieurs reprises lors de précédentes revues de presse sur les devises : une monnaie forte, c’est bien. Mais trop forte, elle peut entacher l’économie et grever l’export. C’est Boursorama.com qui reprend une news Reuters, qui fait état de l’effet du billet vert trop fort sur le groupe Procter & Gamble : « Procter & Gamble, le fabricant de la lessive Ariel et des rasoirs Gillette, a publié mercredi un bénéfice en baisse de 8,3% au troisième trimestre en raison d'un ralentissement de la croissance du marché, des incertitudes géopolitiques et du renchérissement du dollar. Le bénéfice net part du groupe est ressorti à 2,52 milliards de dollars (2,31 milliards d'euros), soit 0,93 dollar par action, contre 2,75 milliards de dollars, soit 0,97 dollar par action, un an plus tôt. »Le chiffre d’affaires du géant américain a ainsi reculé de 1 %« à 15,61 milliards de dollars, soit un treizième trimestre d'affilée de repli. Les analystes tablaient sur 15,73 milliards de dollars ». Ses ventes sont en baisse depuis maintenant 3 ans d’affilée.

Le dollar canadien à son plus bas niveau depuis 14 mois
C’est le titre d’un article du Journal de Montréal en date du mardi 25 avril : « Le dollar canadien a touché un creux depuis 14 mois face à la devise américaine, mardi, dans la foulée des sanctions concernant le bois d’œuvre imposée par Washington aux forestières canadiennes. » Selon les analystes, cette situation serait temporaire. « «Le bois d’œuvre n’est pas une surprise, mais est-ce qu’il va y avoir d’autres mesures protectionnistes des États-Unis? On ne le croit pas», a mentionné Hendrix Vachon, économiste senior pour Desjardins, en entrevue téléphonique. » Ainsi le Canada semble faire les frais des mesures protectionnistes voulues par Donald Trump. Si d’autres mesures devaient être adoptées, le dollar canadien risquerait de chuter encore. « Par ailleurs, le huard est aussi affecté par une baisse des cours du pétrole avec comme trame de fonds les efforts infructueux faits par l’Organisation des pays exportateurs du pétrole pour réduire l’offre et faire remontrer les prix. »

Le franc suisse fort pénalise les cantons touristiques
Autre pays mais même phénomène.
24heures titrait mercredi 26 avril « Le franc fort pénalise les cantons touristiques ». Nous avons déjà évoqué les tentatives de la BNS, la Banque nationale suisse, pour maintenir le franc à un niveau pas trop élevé. Or c’était sans compter les différentes tensions géopolitiques qui animent le monde en ce moment et qui poussent les investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges comme le franc suisse. Ainsi, « Les cantons du Valais, du Tessin et des Grisons ont le plus souffert de l'abandon du taux plancher entre le franc et l'euro ». Certains cantons ont donc vu leur PIB progresser beaucoup moins fortement que la moyenne nationale. Mais « selon les prévisions actuelles de l'institut, les tendances régionales devraient maintenant s'inverser ».

Le Yen va-t-il rentrer dans le rang ?
C’est une question que se pose Les Échos dans un article du 26 avril : « Avec un gain de 5,3 %, le Japon affiche la meilleure performance des devises des grands pays développés en 2017. Mais, c'était avant le premier tour de la présidentielle française. Avec la diminution du risque politique, le yen ne devrait « plus rester le principal gagnant face au dollar » selon Nomura ». Le yen dernièrement a su tirer parti de la baisse du rendement des treasuries américains, des différentes déclarations de Donald Trump, « de la baisse de l'appétit pour le risque et du fait que les investisseurs japonais n'ont pas vendu le yen de manière significative ».